17.12.2009

Une cerise sur un gâteau

C'était une petite sortie impromptue proposée entre une livraison de frigo et un thé à la menthe. Une seconde vous aidez à déballer d'énormes cartons, l'instant d'après vous êtes sur un fauteuil du parterre de l'Opéra de Lyon, pour la première d'une comédie musicale (pour ne pas dire opérette) : Moscou, Quartier des Cerises de Chostakovitch, mis en scène par le tandem Deschamps / Makaïeff plus connu pomoscou_02.gifur une oeuvre télévisuelle intemporelle et désormais mythique : les Deschiens. Un kaléidoscope de familles à Moscou pendant les années 60.  C'est la reconstruction de la ville. L'état reloge tout son petit monde dans des immeubles neufs, quartier des Cerises, vendu comme le symbole de la modernité et du progrès. Humour potache, amourettes, et corruption viendront pimenter l'histoire. Les décors sont acidulés, le look des chanteurs kitschissime, la musique de Chostakovitch, populaire et entraînante, à tel point qu'elle en devient obsédante bien après la fin de la représentation. Mais c'est un régal. La distribution y est éblouissante, des voix magnifiques qui chantent en russe et parlent en français en roulant les rrr. C'est agréable de se sentir visser dans son siège, et d'en prendre plein les yeux, la beauté est partout et on rit de tout. C'est qu'on se rend vite compte combien 2 heures 45 de bonheur pour nous mobilise de gens. Si l'on compte bien sur les doigts de ses mains, les danseurs et les choristes de l'Opéra de Lyon, les solistes et les comédiens (2 petites perles comiques comme on les aime dans la famille Dechiens), on frise la cinquantaine d'artistes sur scène. L'orchestre au complet est juste en dessous de nous, et on devine les mains des gens de l'ombre, les artisans, ceux qui ont chiné ce mobilier vintage, ceux qui ont fabriqué cet immeuble en faux béton et ces tapisseries psychédéliques, les techniciens, ceux qui poussent le décor au changement d'acte, celui qui fait descendre l'étoile au dessus de la tête des amoureux quand ils se chantent tout leur amour. C'est colossal et c'est en ça que c'est touchant ce moment. Je crois que mon grand-père, féru de Luis Mariano et du Pays du Sourire aurait aimé cette soirée. Le service marketing a appelé ça comédie musicalimages.jpge, mais on reste dans la tradition de l'opérette, dans ses savoir faire, dans le respect des codes et de ses rituels. Un seul bémol qui est venu entacher cet instant de grâce, les bis du public étaient vraiment très chaleureux, et Macha Makaieff en avait assez eu visiblement, si bien qu'elle est partie de la scène, entraînant avec elle tout le staff. Quand les solistes russes sont revenus sur scène pour répondre à l'enthousiasme général, le rideau est tombé froidement devant eux pour ne plus jamais se relever. J'ai trouvé ça moche pour eux, pour nous et pour le bonheur palpable qui régnait dans les coeurs de chacun, de chaque côté de la scène.

12.12.2009

Joliment dit

Un secret a toujours la forme d'une oreille.
Jean Cocteau

11.12.2009

Un air de campagne

A quelques kilomètres de la campagne de mon enfance, un peu plus dans la montagne, voici ce qu'on voit quand on prend le frais, et de la hauteur...